La Fève

Interview d’Emmanuel Peigné

Dans le cadre de l’Église Verte, un petit groupe de paroissiens de Nîmes-Nord a pris l’initiative de publier régulièrement une feuille intitulée La Fève. Une démarche dont se réjouit le p. Nicolas Germain qui l’accompagne, non seulement parce qu’elle correspond à la réflexion de l’Église puisée dans la mise en œuvre de l’encyclique Laudato Si’ mais aussi parce qu’elle n’est pas du fait de «M. le curé». Échange avec Emmanuel Peigné, rédacteur en chef de la publication.

Emmanuel Peigné

Comment a germé cette initiative de publier La Fève ?
Emmanuel Peigné
. L’équipe Église Verte de l’ensemble Nîmes Nord s’est constituée durant le 1er semestre 2020. Le lancement officiel et l’annonce aux paroissiens ont eu lieu lors de la St François (4 octobre 2020). Au cours de ce week-end, les célébrations du secteur et la prédication ont été orientées sur le thème de l’écologie, en lien avec Laudato Si’.
Cependant, personnellement, j’avais peur que, passé ce temps magnifique de louange de la Création et de rappel de nos responsabilités, on passe à autre chose. Et que tout cela ne soit finalement que l’effet d’un jour. On a la journée sans voiture, sans tabac, etc, et puis le lendemain, on continue comme avant. Eh bien non. Pour que démarre une dynamique et que la sensibilisation et l’engagement soient proposés toute l’année, j’ai eu l’idée d’une publication régulière sur le sujet, donnant des rendez-vous, stimulant la réflexion, encourageant l’action concrète.

Quel est le but de cette publication, en lien sans doute avec le choix de son titre ?
EP.
J’ai eu l’idée du titre tout simplement : Feuille Église Verte, FEV, d’où fève. J’ai trouvé ce mot amusant, pas du tout jargon catho, et finalement riche de diverses significations. Fève fait penser à la galette des Rois, et donc à un côté festif vécu à plusieurs. Mais aussi à un aliment qui nourrit et encore à une graine que l’on plante et qui va pousser.
La vocation de la publication découlant du titre est donc : de nourrir les lecteurs par des éléments de réflexion ; de faire germer ou grandir des initiatives écologiques à l’échelle individuelle ou paroissiale, dans la dynamique du label Église Verte et guidés par l’encyclique Laudato Si’ ; de faire se regrouper des paroissiens d’un même clocher ou même de différents clochers (et pourquoi pas de différentes églises chrétiennes).

Quels sont la forme et le rythme de parution, le moyen de diffusion, le financement ?
EP. Le format choisi est une feuille A5 recto-verso. Elle est diffusée depuis octobre 2020 dans chacun des clochers en version imprimée sur du papier de couleur verte (bien sûr !), en général le 2e dimanche de chaque mois. Elle est aussi envoyée par courriel par le p. Nicolas Germain avec la feuille du dimanche. La Fève est structurée en 3 parties : le recto est un édito, une réflexion, une méditation, un poème ; au verso, afin que la question écologique ne reste pas au niveau de la seule réflexion mais qu’elle débouche aussi sur des actions, on trouve une rubrique agenda/idées et un encadré «la charité en action», qui se veut des pistes concrètes («à vélo», «équitable», «baskets» pour les derniers thèmes abordés). Une adresse de courriel a aussi été crée, permettant aux lecteurs d’écrire et de dialoguer. Côté coûts : les seuls frais sont ceux de photocopies, pris en charge par la paroisse.

Qui travaille à ce « journal » ?
EP. Pour l’instant travaillent à la Fève les membres de l’équipe qui le veulent bien. Jusqu’ici, les signataires des éditos ont tourné entre les membres de l’équipe sur les quatre premiers numéros. J’ai conçu la maquette graphique et informatique, et j’en assure la mise en forme finale. Les idées et rendez-vous sont suggérés par l’équipe lors de la réunion préparatoire. Je signe l’encadré «la charité en action».

Quels sont vos besoins, projets, perspectives, liens et partenariats ?
EP. La Fève n’est conçue que comme un support de communication de l’équipe Église Verte qui s’est formée sur les paroisses de Nîmes-Nord. Elle n’est là qu’en soutien d’une dynamique qui pour l’instant, reconnaissons-le, est empêchée par le covid, la difficulté à se réunir et à faire des projets. Elle n’est pas un objectif en soi et n’a donc l’ambition que de toucher les gens et de les inciter à se mettre en route, chacun à sa manière. Ainsi nous espérons que naîtrons bientôt des groupes de lecture de Laudato Si’, pour la faire connaître ou l’approfondir. Et des groupes de paroissiens qui commenceront à réfléchir à «quoi faire ?» au niveau de notre paroisse, de nos clochers, aidés en cela par le questionnaire écodiagnostic proposé par le label Église Verte.
Pour l’instant, il n’y a pas de lien particulier avec le diocèse. Mais de la même façon que sur certains sujets, les initiatives locales sont à la fois pertinentes et efficaces, sur d’autres, il est nécessaire d’avoir une action d’ensemble coordonnée à plus haut niveau. En ce sens, le diocèse a un rôle très important à jouer. À quand un diocèse entier labellisé Église Verte ?

Propos recueillis par Betty Delichère

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